L’effet Mozart : la musique classique influence-t-elle l’intelligence ?

L’effet Mozart est un sujet sur lequel il n’y a pas d’accord définitif entre les scientifiques. La plupart des experts pensent qu’il s’agit simplement d’une légende urbaine, qui a été exploitée à des fins commerciales. D’autre part, plusieurs chercheurs sont convaincus de l’effet positif de la musique de Mozart sur l’intelligence.

L’effet Mozart est une hypothèse selon laquelle l’écoute de la musique de Mozart augmente l’intelligence et diverses capacités cognitives. Ce phénomène serait le plus évident chez les jeunes enfants, bien qu’il s’applique également aux adultes. La première personne à en parler fut Alfred A. Tomatis, un oto-rhino-laryngologiste, auteur du livre Why Mozart.

Tomatis a affirmé qu’il obtenait de meilleurs effets chez ses patients lorsqu’ils écoutaient la musique de Mozart et qu’il avait même réussi à guérir la dépression chez plusieurs personnes. Deux ans plus tard, en 1993, la psychologue Frances Rauscher a publié un article sur le sujet dans la revue Nature.

Il y indique qu’il a effectué un test avec trois groupes de 36 enfants. Le premier groupe a écouté la sonate pour deux pianos en ré majeur KV 448/375a de Mozart. Le deuxième groupe a reçu des instructions de relaxation et le troisième groupe a gardé le silence. À la fin, ils ont tous été soumis à un test de raisonnement spatial et ceux qui avaient écouté de la musique ont obtenu les meilleurs scores.

Des expériences qui nient l’effet Mozart

L’effet Mozart a fait grand bruit dans les années 1990. Beaucoup pensaient que c’était le grand secret pour développer presque magiquement l’intelligence des enfants. Une abondante littérature est parue à ce sujet, mentionnant les énormes bienfaits de la musique du génie autrichien et, bien sûr, des millions de reproductions de ses œuvres ont été vendues.

Un important secteur de scientifiques a souhaité étendre les recherches sur ce phénomène. On estime qu’il existe 39 études sur le sujet et qu’aucune d’entre elles ne prouve l’hypothèse de base, à savoir que la musique de Mozart augmente l’intelligence. Il existe plusieurs enquêtes détaillées et aucune d’entre elles ne présente de preuves concluantes à cet égard.

Le point commun de toutes ces recherches est la mention du fait que la musique, notamment la musique classique, a des effets bénéfiques sur le cerveau, essentiellement en termes de relaxation. Cependant, il n’est pas nécessaire que ce soit du Mozart pour avoir une influence positive sur le cerveau.

L’effet Mozart existe-t-il ou non ?

Il convient de noter que les instruments de mesure de l’intelligence font l’objet d’un vif débat depuis de nombreuses années. Il n’existe même pas de position unifiée autour d’une même définition de ce que signifie être intelligent. Traditionnellement, les tests de QI sont pris comme point de référence, mais ils ont aussi de nombreux détracteurs.

Cette controverse pose un premier problème pour établir ce que l’on entend par augmentation de l’intelligence et ce qui ne l’est pas. Cela dépendra de la manière dont elle est mesurée. Ainsi, du point de vue des tests d’intelligence conventionnels, il a été prouvé que l’effet Mozart n’existe pas.

Malgré cela, il est avéré que la musique influence l’activité cérébrale et l’humeur. En même temps, il est clair qu’une personne plus calme peut aussi mieux se concentrer, est plus réceptive à l’apprentissage et pense probablement plus clairement. De ce point de vue, tout indique que l’effet Mozart existe bel et bien.

Quelques faits intéressants

Un article publié dans INGENIUS, la revue scientifique et technologique de l’université polytechnique salésienne d’Équateur, revient sur une expérience menée à l’université de Californie en 2000. L’étude a été menée pendant trois ans, auprès d’enfants âgés de 3 à 6 ans. L’objectif était de déterminer si la musique avait un impact sur le développement intellectuel.

Pour le savoir, les enfants ont été divisés en deux groupes. Un groupe s’est vu attribuer plus d’heures de mathématiques et l’autre plus d’heures de musique. Dans les deux cas, les performances scolaires globales ont été évaluées et, au final, les résultats ont montré que ceux qui avaient bénéficié d’un plus grand nombre d’heures de musique obtenaient de bien meilleurs résultats que ceux qui avaient étudié davantage de mathématiques.

Dans la même publication, il est fait référence à une étude sur le son de la musique classique, en particulier celui de Mozart. Il a été vérifié que celle-ci, comme la plupart des musiques classiques, a des fréquences d’ondes plus basses que les autres genres. Cela les rend plus proches des sons de la nature et a un effet relaxant.

Au final, on en revient au même point : la musique, notamment la musique la plus élaborée, génère des effets très positifs sur le cerveau. Cela ne signifie pas qu’elle rende magiquement plus intelligents, mais qu’elle crée des conditions permettant de mieux utiliser l’intelligence dont on dispose.

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