Les OVNIs dans l’art : ce qu’il faut savoir sur la Clipéologie

Les OVNIs sont-ils représentés dans les peintures de la Renaissance ? Les artistes de l’époque ont-ils voulu raconter un secret ? Les croyants ont-ils raison ? Ou bien ceux qui s’opposent à ces hypothèses ont-ils raison, les accusant d’être pour le moins fantaisistes ?

Ils ont tous deux raison, selon le cas. On voudrait apporter une contribution de clarté aux deux positions qui, au cas par cas, sont justes ou fausses.

On ne veut pas se limiter à dire s’il y a ou non des objets anachroniques dans les tableaux. On cherche à comprendre si leur présence a un sens, s’ils pourraient vraiment être ce qu’ils semblent être, c’est-à-dire des OVNIs, c’est-à-dire des objets volants non identifiables.

La paréidolie

Le premier obstacle à surmonter est le phénomène de ce qu’on appelle la “paréidolie”. Pour expliquer ce concept psychologique complexe, j’utilise un exemple simple. Qui ne s’est pas arrêté pour regarder les nuages dans le ciel et s’est amusé à y voir des figures d’animaux, des visages ou autres ? Il s’agit d’un cas de paréidolie, ou superposition sur un objet de l’image suggérée par l’imagination.

Tous ceux qui contestent l’hypothèse des OVNIs dans l’art utilisent ce motif.

Dans de nombreux cas, en effet, il y a ceux qui aiment créer de faux mystères et ainsi, une photographie délavée, floue ou usée devient une preuve de l’existence de fantômes ou d’extraterrestres. Même la poussière sur laquelle se reflète le flash d’un appareil photo numérique devient une “entité” indéfinie. Une hypothèse audacieuse.

On doit savoir que l’esprit interprète la réalité qu’il voit à travers la déformation des yeux, instruments imprécis mais auxquels on a appris à faire aveuglément confiance (excusez le jeu de mots), ainsi qu’aux quatre autres sens : le goût, l’odorat, le toucher, l’ouïe. Sur la base des cinq sens, limités, imparfaits, déformants sinon parfois falsifiants, l’Homme connaît, expérimente, interprète le monde et l’Univers, avec la prétention perverse d’avoir une image complète de la réalité.

Cette brève digression est nécessaire pour en venir au fait : selon l’époque historique, les observations d’objets volants non identifiables dans le ciel sont décrites avec des images familières aux personnes de cette période.

On parle beaucoup sur le web et dans les livres du tableau de Paolo Uccello, la Thébaïde (Scènes de la vie monastique) 1450-1475 conservé dans la galerie de l’Accademia à Florence. Dans un petit détail, vraiment petit, il y a une représentation de saint Jérôme priant contrit à genoux sous le crucifix. Sur le côté, sur la colline du Golgotha, un objet rouge “de forme discoïdale, avec une traînée comme s’il passait à toute vitesse…” Il suffit de connaître l’histoire du Saint, il suffit de chercher d’autres représentations, il suffit de raisonner, bref, de comprendre que ce qui ressemble à un chapeau de cardinal est vraiment un chapeau de cardinal. Saint Jérôme a en effet renoncé à sa carrière ecclésiastique pour devenir moine et c’est pour cette raison que la scène qui le représente contient toujours le chapeau jeté. Sa petite taille et le fait qu’il repose sur le sol ne laissent aucun doute. Mystère révélé.

Les éléments ufologiques

À Arezzo, une autre peinture qui, pour beaucoup, symbolise des éléments ufologiques : L’Annonciation de Piero della Francesca, datée de 1455. Tout d’abord, précisons que le terme “Annonciation” ne fait pas référence à la naissance du Christ, mais à l’appel imminent et à la montée au ciel de Marie elle-même. Ce fait est inconnu de beaucoup de ceux qui traitent superficiellement du sujet, et c’est dommage car le “rayon tracteur” que Dieu envoie dans les chambres de Marie ressemble beaucoup aux récits des prétendus adduits et peut donc être considéré comme une preuve de la représentation d’un événement ufologique.

Certes, l’auteur peint souvent des nuages en forme de disque, mais dans ce tableau, l’un de ces nuages représente Dieu. L’image d’un Dieu barbu vivant sur les nuages était très répandue, il ne faut donc pas s’en étonner. Mais en réalité, certains éléments font pencher vers un message très précis. La Vierge est montée au ciel, tout comme son fils Jésus, qui a été rapidement caché par un nuage. D’autres personnes dans la Bible montent au ciel où elles entrent en contact avec des personnages non humains qui sont dépositaires de la sagesse et de la connaissance. Hénoch lui-même a disparu dans les nuages, et saint Paul raconte avoir connu des personnes emmenées dans les cieux alors qu’elles étaient encore en vie.

La forme en chapeau des nuages est conforme aux observations faites dans le ciel de l’époque, dont les chroniques font état de chapeaux volants se déplaçant dans les airs sous les yeux de personnes consternées.

Dans les textes sacrés, les Anges, ou la “voix de Dieu”, arrivent à bord de Nuages qui émettent des bruits assourdissants comme si les montagnes s’écroulaient. Essayez d’imaginer la stupéfaction de ceux qui se retrouvent témoins d’une telle expérience ! Aujourd’hui, on a des images technologiques dans la tête et on dessinerait donc une soucoupe volante, mais à l’époque, les images les plus récurrentes étaient les formes de la nature.

La question est donc de savoir qui voyageait à bord de nuages bruyants et enflammés dans les temps anciens ?

Peut-être faut-il interpréter les nuages comme un symbole de quelque chose d’autre qui ne pouvait être décrit à l’époque ?

On pourrait donc peindre une scène qui contient des éléments ufologiques. Cela pourrait signifier qu’il est crédible, au grand dam des critiques d’art. La scène est ce qu’elle est, mais aussi autre chose, un message transparent.

L’œuvre de Salimbeni

L’œuvre de Salimbeni, la Glorification de l’Eucharistie, à Montalcino, remonte à la fin du XVIe siècle.

Une œuvre merveilleuse à voir en personne et pas seulement en photo. Obscène est le gymnase en verre vert que l’administration a adossé à l’ancienne église. Il faut le dire.

Dans le tableau de l’autel, du haut des cieux, sur les nuages, Dieu et Jésus regardent vers le bas où se trouve une étrange sphère du haut de laquelle sortent deux “antennes” que les personnages sacrés actionnent. Au-dessus se trouve la colombe du Saint-Esprit.

Il y a ceux qui voient dans cette étrange sphère grise, presque métallique, un objet technologique. Le terme “antennes” est souvent utilisé et on dit même qu’une sorte de “lentille”, comme un appareil photo, émerge du dessous.

Tout d’abord, rien ne s’échappe : on invite ceux qui répandent de fausses nouvelles à aller voir de leurs propres yeux. En bas, un effet d’optique donne l’impression que quelque chose sort réellement, mais si vous regardez le méridien qui court sur le globe, vous pouvez voir que l’objet se trouve à l’intérieur du globe lui-même et vous pouvez clairement voir que c’est la lune, de même qu’en haut apparaît, toujours à l’intérieur, le soleil. Le globe représente l’univers, souvent représenté comme une sphère avec le soleil, la lune et la terre à l’intérieur, sur laquelle la Trinité appose sa signature de Créateur. Le mystère des “antennes” est également révélé.

Un élément, cependant, fait référence aux OVNIs. Dans les années 70 a été lancé en orbite le spoutnik qui, si on le compare avec le globe peint laisse perplexe : ils sont identiques. En supposant qu’il y ait un objet métallique dans le tableau, cela expliquerait la présence du soleil et de la lune, non pas à l’intérieur, mais réfléchis par la surface du satellite !

Mais comment quelqu’un pouvait-il penser au spoutnik dans les années 1500 ?

Bon, peut-être pas le satellite russe, mais à cette époque, quelque chose d’étrange se passait dans le ciel de l’Europe. La Gazette de Nuremberg de 1561 et la Gazette de la ville de Bâle de 1566 font état d’observations faites par plusieurs personnes et récurrentes dans le ciel : des dizaines, voire des centaines de sphères noires filant dans toutes les directions.

C’est ce fait que personne n’a considéré et qui a attiré l’attention. Dans d’autres tableaux de l’époque et pour une période limitée, le globe apparaît, parfois transparent, parfois “métallique”. La même époque à laquelle des dizaines d’observations d’objets similaires dans le ciel ont eu lieu et sont attestées par des sources historiques (pas des histoires ou des textes sacrés facilement contestables).

Qu’y a-t-il lieu de s’étonner ou de s’indigner, chers critiques, qu’un artiste, bien intégré dans son époque comme ils l’étaient tous, ait voulu imprimer un élément distinctif de sa période historique ? Il est évident qu’il est associé à la divinité. Tout ce qui ne pouvait être expliqué venait “sûrement” de Dieu.

On pourrait donc y peindre une scène ufologique. Ça pourrait vouloir dire que c’est plausible.

Mais le tableau le plus riche en messages est la Vierge à l’Enfant avec Saint Jean de 1450 conservée au Musée du Palazzo Vecchio de Florence, peu accessible aux médias si ce n’est moyennant une forte cotisation. C’est dommage, car c’est un bien de l’humanité, mais à Florence, on paie même pour entrer dans l’église, à cause d’œuvres que Michel-Ange et ses compagnons auraient préférées pour tous et non pour certains. Cela ne devrait pas être comme ça et on a eu l’occasion de s’indigner mais l’indignation n’a aucun poids et est restée en nous. 

En arrière-plan, derrière la Madone, sur une élévation, un homme accompagné d’un chien regarde le ciel, en se protégeant les yeux d’une main, en direction d’un objet grisâtre, en forme de “cocotte-minute”, incliné sur son axe et de la surface duquel émanent des rayons lumineux. On ne peut pas dire que c’est le soleil sans accuser le peintre d’ineptie, puisque même un enfant peut peindre le soleil. Donc ça ne peut pas être le soleil, il n’est même pas rond ! Et comme si cela ne suffisait pas, le soleil est déjà dans le tableau, à gauche.

Il est plus probable qu’il s’agisse de la nuée de feu mentionnée dans le Protovange de Jacques (150 après J.-C.) : la grotte est envahie par une grande lumière produite par une “nuée lumineuse”.

Encore une fois, un nuage, un nuage lumineux. Celui-là même qui apparaît dans les cieux accompagné de la “voix de Dieu”, ou qui enchante les personnages dans les ascensions au ciel, celui-là même dont les saints reçoivent les stigmates, celui-là même dont descend la colombe, bref un élément récurrent qui ne peut être seulement naturaliste.

Dans d’autres tableaux, des nuages lumineux sont peints, cependant, comme des nuages et ils font partie de la scène principale, et non de l’arrière-plan, à un niveau d’observation (et de signification) plus profond. Le nuage le plus similaire au nôtre apparaît dans la Nativité de Lorenzo Monaco conservée au Metropolitan Museum de New York.

D’après Vittorio Sgarbi, invité de l’épisode de Mistero, il s’agirait d’une “tache pré-intentionnelle”, donc d’une erreur de l’artiste…

C’est un OVNI, quoi d’autre ? De quelle nature on ne sait pas

Les mystères de cette peinture, voire les messages, ne sont pas terminés.

En plus de l’ovni, il y a peut-être autre chose, un message ésotérique sur les origines mêmes du symbolisme chrétien.

Les symboles associés au christianisme sont dérivés d’autres religions antérieures et, en remontant le temps, on arrive à un premier chaudron fait d’astrologie et de cultes solaires. Ce n’est pas un hasard si on parle de l’étoile associée à Marie et du soleil associé à Jésus.

L’histoire de la nativité, imprégnée de symbolisme, parle clairement. Les trois rois qui suivent l’étoile vers le lieu de la naissance de Jésus ne sont autres que les trois étoiles de la ceinture d’Orion, qui ont toujours été appelées les “trois rois”. L’étoile la plus brillante est sans aucun doute Sirius, la Sothis-Isis de l’Égypte ancienne. Pendant la période du solstice d’hiver, les 21 et 22 décembre, le Soleil commence à se lever à nouveau dans le ciel et le lever héliaque a représenté la source des cultes du Sol Invictus et d’autres festivités païennes d’abord et chrétiennes ensuite. Eh bien, à cette époque de l’année, les étoiles de la ceinture d’Orion s’alignent avec l’étoile Sirius et pointent vers l’horizon à l’endroit où le soleil se lève. Ainsi, les trois rois, suivant l’étoile, arrivent à l’endroit où Jésus est né.

Cette scène est probablement représentée dans le tableau Madonna con Bambino e San Giovannino de Jacopo del Sellaio. Il y a ceux qui parlent de mystères et de conspirations, mais tout historien sait de quoi on parle et, sans craindre, pour l’instant, l’Inquisition, il n’y a aucune honte à raconter des faits historiques. Les trois flammes sont souvent interprétées comme des attributs moraux et spirituels de Marie, mais elles peuvent aussi être interprétées comme trois étoiles. Mais si les trois rois sont les étoiles, où se trouverait dans le tableau la “plus belle étoile” (appellation de Marie dans les chants chrétiens), celle qui les guide ? Sur l’épaule de la Madone, la réponse. Une étoile, entourée d’autres petites flammes.

Que l’artiste a voulu raconter plusieurs histoires en une seule ? Qu’il voulait raconter plusieurs séquences en une seule image ? Magie de l’art, mais la vérité est restée chez Jacopo del Sellaio (l’œuvre lui est attribuée).

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